Mon compte rendu du Marathon de NY!

C’était la semaine dernière et j’ai l’impression que c’était hier !
Ce dimanche 5 novembre 2017, après 10 semaines de préparation, j’ai rendez-vous avec plus de 50 000 participants, tout New-York et surtout avec moi-même.
Une traversée de 42,195 km en passant par les 5 « boroughs » (comprenez quartiers) de la Grande Pomme : départ de Staten Island, passage par Brooklyn, le Queens, Manhattan, puis une rapide incursion dans le Bronx avant un retour et une arrivée à Manhattan, dans le fameux Central Park !
J’ai encore beaucoup d’images en tête, des sons aussi, tellement l’ambiance est incroyable. Tous ces instants resteront gravés en moi, et il m’était impossible de ne pas les partager avec vous.
Ce fut comment dire… Festif, bruyant, facile au début, difficile sur la fin, humide, très humide mais tellement… Wouahou !! En un mot, MAGIQUE !!
Retour sur ces quelques jours à New-York et sur le marathon le plus incroyable que j’ai couru jusqu’à présent !!

• J-3 : mon arrivée à NYC
Départ à 6h du matin de chez nous, pour une arrivée à l’hôtel 20 heures plus tard… Autrement dit ce fut long ! Beaucoup d’attentes avant de prendre l’avion, après avoir atterri, suivi de 2h de trajet en bus depuis JFK…
Il est à peine 18h lorsque nous arrivons à l’hôtel. Nous déposons nos bagages et je pars avec mon chéri en direction du village du marathon qui se trouve être à 15 min à pied. Retrait des dossards (Marathon et Dash To The finish Line pour nous deux) ultra rapide, une organisation au top, bien rodée et quelques petites emplettes forcément. Les rayons sont gigantesques. Un peu comme à Paris, mais en plus grand !! Diner puis retour à l’hôtel vers 20h30. Décalage oblige, nous ne faisons pas long feu.

Retrait des dossards au village marathon!

• J-2 : levés de bonne heure, nous prenons la direction de Central Park, pour faire quelques photos et voir la ligne d’arrivée. Tout est déjà installé et on sent vraiment que la ville vit déjà au rythme du marathon, et ce pendant encore quelques jours. Le parc fourmille de coureurs, de passants, il y a beaucoup d’étrangers également. Nous sommes vendredi et il fait déjà 20 degrés en fin de matinée.
La journée se poursuit en ville, j’essaie de limiter nos déplacements, sans trop de succès car ma montre m’indique plus de 20000 pas en fin de journée.
J’ai un peu mal aux jambes mais pour le reste tout va bien !

• J-1 : samedi, veille du marathon a lieu la fameuse course : « Dash To The Finish Line ». 5 km en plein cœur de New-York se terminant par le dernier kilomètre du marathon, dans Central Park. Après un réveil de bonne heure (mais étant donné que nous sommes toujours en décalage horaire, cela ne nous pose pas de problème), tous les coureurs partis avec France Marathon* se retrouvent au niveau de la grande bibliothèque de New-York pour une photo de famille. Puis direction la ligne de départ.

Devant la bibliothèque de New-York!

8h30 les premiers s’envolent. Heureusement nous avons récupérés notre dossard dans les premiers le jeudi soir, nous ne tardons pas non plus à nous élancer. Moi qui appréhendais de courir 5 km, je n’ai rien vu passer. Et pourtant ce n’était pas plat. Les jambes vont très bien mais heureusement, mon chéri m’impose de ralentir. Je savoure le moment, les gens sont déjà nombreux sur le bas-côté, venus nous encourager.
C’est à ce moment-là que je commence à moins stresser et à m’impatienter du lendemain. Les sensations sur ces 5 km m’ont rassurées. Une fois la ligne franchie, j’en profite pour faire quelques photos, nous récupérons nos sacs de ravitaillement et retour à l’hôtel.
L’après-midi est consacré au repérage de la fin du parcours et checkpoints où mes 2 supporters pourront se placer.
17h retour à l’hôtel. Préparation des affaires, photo du racepack.
19h : dîner
21h : dodo.

*Pour rappel, j’ai eu mon dossard grâce à l’agence France-Marathon. Retrouvez toutes les informations dans mon précédent article!

Photo du racepack!

• JOUR-J : réveil prévu à 4h45. Mais avec le stress et le changement d’heure cette nuit-là aux États-Unis, je me lève tranquillement vers 4h25.
Un peu avant 5h je descends prendre mon petit-déjeuner et à 6h je suis dans un des 3 bus affrétés par France-Marathon : direction Staten-Island.
Le jour commence à se lever et sur le trajet qui dure près d’1h20, je ne vois qu’un défilé de bus remplis de coureurs. À l’approche du pont, ça bouchonne. De multiples voitures de la NYPD sont sur les rangs, assurant la circulation et la sécurité.
7h20 : je descends enfin du bus et suis le mouvement. Les coureurs arrivent de partout.
Mais avant d’entrer dans le village départ, il faut passer le portail de sécurité. Imaginez des policiers, des militaires, des hommes et des femmes de la sécurité en quantité. Le passage est fluide mais j’ai un peu peur quand c’est à mon tour de passer. Ils te regardent tous comme si tu avais un truc à cacher. Visages sérieux, limites méchants… On ne rigole pas avec la sécurité là-bas, surtout 5 jours après l’attentat qui a eu lieu à New-York et encore moins avec un évènement d’aussi grande envergure. Et dans les airs, c’est pareil. Hélicos, drones… Bref je ne me sens pas du tout en danger, mais me voilà soulagée de passer la sécurité rapidement, car après ce sont des mots de bienvenue, des sourires venant des bénévoles qui t’accueillent : une ambiance déjà beaucoup plus chaleureuse.

– 7h30-10h15 : Il me reste 2h45 à patienter…
Je suis dans une fourmilière. Des coureurs partout, certains marchent, d’autres plus nombreux assis sur leur bout de cartons et attendant patiemment l’heure du départ. Un peu l’impression de me retrouver dans une scène de film apocalyptique, où les gens sont couchés sur le sol, emmitouflés dans des sacs poubelles, en attendant qu’on vienne les sauver… C’est assez déroutant. Finalement je rejoins quelques français pour m’asseoir avec eux.
Vers 8h, ayant coupé mon téléphone afin d’économiser la batterie, et trouvant un peu le temps long, je vais me balader et découvre une autre partie du village. C’est gigantesque. Il y a des toilettes partout, mais vraiment partout !!
Un peu plus loin, des stands en tout genre : des bonnets « Dunk and Donuts» (merci Saïd pour l’info) qui nous sont offerts pour ne pas attraper froid ainsi que leurs donuts bien gras.
Il y a également de nombreux stands de boissons chaudes (thé, café, chocolat chaud) et de bouteilles d’eau…
Je finis par m’asseoir pour de bon vers 8h20, sur mon bout de carton et sous mon puncho « semi de paris » pour ne pas attraper froid. La température doit être de 12-15 degrés max, mais il y a surtout un vent frais. J’entame mon second petit déjeuner et continue de bien m’hydrater (il y a tellement de toilettes que je ne fais quasiment jamais la queue). Je regarde les handisports se diriger sur le pont, les premiers coureurs rejoindre leur SAS. Il y a vraiment toutes les nationalités : Japonais, Russes, Italiens, Anglais, Irlandais, Espagnols, Américains, Chinois et aussi naturellement beaucoup de Français. Des sacs en plastiques transparents laissés par des coureurs jonchent le sol un peu partout.

Aperçu d’une des parties du village départ!

– 9h20 : les SAS de la première vague sont maintenant clos, les coureurs de la 2nde vague (moi donc) peuvent d’ores et déjà entrer dans leurs SAS respectifs**.

** Le départ amateur (+ élites hommes en 1ère vague) est réparti en 4 vagues (9h50 / 10h15 / 10h40 / 11h) comprenant 3 lignes de couleurs à chaque fois : bleu, jaune et vert et enfin en 6 SAS (A, B, C, D, E, F). Tout est noté sur votre dossard.
Les lignes/couloirs bleu et jaune partent sur le pont, alors que la team « verte » s’élance depuis l’étage inférieur. Au début on s’y perd mais tout est tellement bien indiqué qu’une fois sur place c’est beaucoup plus clair !

– 9h30 : après un énième passage aux toilettes, me voici en première ligne. Je sais déjà que je ne prendrais pas le départ sur le pont mais hélas en dessous. En effet la ligne verte court sous le pont de Verrazano alors que les lignes de couleur bleu et jaune prennent le départ au-dessus…
Très déçue car les premiers kilomètres sur le pont font de ce départ quelque chose de grandiose. Alors que moi je me retrouve au second étage d’un pont qu’on pourrait vu de là, qualifier de lambda… Mais bon, c’est ainsi !
Depuis mon SAS, j’entends l’hymne américain (frissons) et vois la première vague s’élancer sous la célèbre musique « New-York, New-York » de Sinatra (chair de poule). Le coup de fusée est lancé ! Il est 9h51.
Notre SAS continue d’avancer et j’approche tout doucement de ma ligne de départ.
Devant moi, le coureur référent des 3h55. (Là-bas ce ne sont pas des flammes accrochées à la ceinture dans leur dos, non ils préfèrent courir avec une pancarte attachée sur un pic en bois qu’ils tiennent dans les mains… 42 km comme ça, très fort le mec !!) Je le prends en photo (preuve à l’appui) et je me dis que je ne vais pas le lâcher, les 3h55 sont pour moi.
Photo, hymne (frissons), photos, derniers textos à mon mari et à ma maman, lancement de ma playlist…
NEW-YORK ME VOILÀ ! Je suis prête et c’est maintenant que tout se joue !
J’espère être dans moins de 4h à Central Park !

Le « Pacer » 3h55!!

– 10h18 : De nouveau Sinatra nous salue et ma vague s’élance !
J’y suis ça y est!! Après tant de semaines de préparation, d’heures d’attentes, de stress et d’excitation je foule enfin le bitume du pont de Verrazano (bon ok à l’étage inférieur, mais quand même !!)
Au loin, j’aperçois Manhattan dans la brume. Nous sommes nombreux et je n’arrive pas à suivre le pacer « 3h55 » qui se faufile rapidement au milieu des coureurs. Le pont réputé pour son dénivelé passe à toute vitesse, je n’ai aucun mal à le franchir mais je peine à slalomer entre les coureurs.
J’ai en tête les conseils de Fabien (un de mes collègues de la team ASICSFrontRunner) qui me suggère de ne pas m’enflammer. Une fois le pont passé, ça descend et je retrouve mon pote pacer « 3h55 ».
Nous arrivons rapidement à Brooklyn. L’allure est bonne, peut-être un peu trop rapide selon mes calculs, mais j’ai les jambes, je suis bien et surtout j’ai le « smile » jusqu’aux oreilles ! Je suis en train de courir le marathon de New-York.

– 10h43 : passage des 5 km. Déjà de nombreux américains sont sur le côté à nous encourager, avec leurs pancartes, leurs décos d’halloween. Beaucoup d’ambiances, d’encouragements.
Je tiens une bonne allure, les jambes vont bien. J’ai légèrement chaud en bas (collant long plus bas de compression) mais tout va bien. J’ai suivi les conseils de mon autre acolyte Damien en gardant avec moi une petite bouteille d’eau. D’ordinaire ça m’énerve de courir avec ça à la main, mais elle est tellement petite que ça ne me dérange pas du tout. J’ai doublé durant ces 5 km le pacer « 3h55 ». J’ai voulu rester derrière lui mais l’allure étant trop « basse » à ce moment-là, j’ai continué mon chemin.
Je cours, toujours le sourire jusqu’aux oreilles et profite de chaque moment. Des coups d’œil de chaque côté, j’essaie de capturer le plus d’images possibles.

– 11h09 : passage des 10 km. L’allure reste à peu près la même. J’oscille entre 4’45’’ et 5’10’’ au km. Cette fois-ci je repense à ce que m’avait dit Marie (« my Partner in crime ») avant de partir : « si tu es bien et que tu es en avance sur ton temps, continue, ne te bride pas ! » Et elle n’avait pas tout à fait tort. J’essaie de ne pas trop m’envoler non plus, mais quand les sensations sont aussi bonnes et le parcours aussi roulant, il faut savoir en profiter.
Un peu après le 10ème kilomètre, j’aperçois mon chéri sur le bas-côté. Tellement heureuse de le voir !
Je ralentis un peu le rythme, ceci étant dû au parcours qui se complexifie légèrement. Quelques petites montées, des relances, des descentes. J’arrive au semi en 1h50’32’’. Autant dire que jusque-là tout va bien. Dans ma tête le sub 4h est atteignable, les jambes se durcissent légèrement mais dans l’ensemble, ça va.
La pluie commence à faire son apparition. Les rues ne désemplissent pas bien au contraire, le bruit, les encouragements non plus : « Allez la France » !!

Passage à Brooklyn!

– 12h08 : le semi est passé donc, mais le plus dur reste à venir.
Les lignes droites se poursuivent et je commence à me rapprocher de Manhattan. Mais avant ça, il y a du faux plat montant pour accéder au « Queensboro bridge », qui lui-même est « casse-pattes » !
Personne sur le pont, seulement nous ! Le calme, le bruit des voitures au-dessus. Près de 3 km difficiles, qui ne me permettent pas de maintenir l’allure. Je ralentis clairement, je vois des coureurs s’arrêter sur le côté pour cause de crampes, d’autres commencent à marcher. Je ne desserre pas les dents et je poursuis mon chemin. Une française me demande à combien de kilomètres nous sommes : 24 !
La descente vers Manhattan approche, j’essaie de relancer mais le pont m’a coupé les jambes. Le virage est là, « First Avenue » me voilà ! Dans 3 kilomètres je suis sensée voir mes 2 supporters. Cela me réconforte.
La 1ère Avenue est longue très longue, j’aperçois la ligne droite, interminable. Petites bosses de temps à autre. Le 27ème kilomètre passe beaucoup de monde, énormément de monde. La fureur New-Yorkaise est bien présente. Malheureusement je ne vais pas voir mon homme à ce moment-là…
Je regarde régulièrement ma montre. J’arrive à reprendre de la vitesse, je relance jusqu’au 30ème kilomètre. Ma hanche et mon genou gauche me lancent, les cuisses sont dures. Il me reste 12 kilomètres et je sens déjà qu’ils vont être durs ! Le mental, le mental, le mental ! Ne pas marcher, continuer de courir même plus lentement.

Je n’arrête pas de penser « moins de 4h Eugénie, tu peux le faire !! »

– 13h : 30 km, 2h42’17’’ 
En préparant ma course, j’avais des temps de passages en tête. 2h40 aux 30 kilomètres me permettaient de viser les 3h50. Je suis donc encore confiante mais je ne dois rien lâcher. Mais je commence à ralentir un peu trop sérieusement à mon goût… 32ème kilomètre : 2h55 ! Il me reste un peu moins d’1h05 pour finir. Tout est encore jouable.
Je commence à m’enfermer dans ma bulle. Je vois les gens sur le côté, mais n’entends plus rien.
J’avance, je n’arrête pas de faire des calculs dans ma tête. Arrivée dans le Bronx par un pont qui n’arrange rien.
Ravitaillement au 20ème mile je m’arrête, premier stop. Je marche exactement 50’’. Je remplis ma bouteille d’eau et repars. Ma petite Marie est avec moi, « lâche rien, moins de 4h, tu vas le faire !! » Je lis aussi un texto de ma maman qui me suis à distance et qui m’encourage.
Je reprends un peu de lucidité à Harlem, grâce à un groupe sur le côté qui chante, danse malgré la pluie. Ils nous encouragent, nous félicitent. Le dernier pont est passé, « Fifth Avenue », Central Park en ligne de mire. J’ai mal, j’ai envie d’arriver, mais j’ai deux poteaux à la place des jambes.

Un des derniers ponts, direction le Bronx!

– 13h31 : 35 km 3h13’57’’
Ma tête boue. Je n’arrête pas regarder ma montre, tous les 500m. Je continue les calculs. Et c’est clairement ce qui m’a permis de tenir. Au 36ème kilomètre (3ème checkpoint) je suis sensée voir mon mari et un ami venus m’encourager. Je l’aperçois au loin, les larmes montent. Je suis fatiguée mais heureuse. L’arrivée approche, mon chéri est là et je m’octroie comme beaucoup d’autres coureurs avec leur moitié, un baiser bien mérité. Cela me booste malgré le parcours difficile.
Toujours du faux plat montant, nous longeons Central Park, j’aperçois l’entrée dans le parc. Mon copain pacer « 3h55 » me double, j’essaie de m’accrocher, je ne dois pas le laisser filer ! J’y suis presque. 2,6 miles à parcourir. Je n’y arrive pas et me laisse décrocher. Le parcours est vraiment traître.
Entrée dans Central Park ou l’impression d’être sur le Tour de France. Les personnes sont encore plus nombreuses, le tracé de la route se resserre parfois. J’arrive à sortir un peu de ma bulle, à lâcher prise et à accélérer doucement. Mon cœur bat fort tellement cette ambiance est incroyable. Je relance comme je peux et atteins le 40ème kilomètre.

– 14h03 : 40 km 3h45’38’’:
Moins de 15 minutes pour faire 2 kilomètres et 195 mètres. C’est possible, je vise les 3h58. J’accélère et arrive à redescendre sous les 6’/ km. Nous sortons de Central Park pour le longer par la 59th Street. Je suis dépitée… J’ai du mal à avancer. Les gens sont très nombreux, nous disent que nous y sommes presque. Beaucoup de pensées en tête. Ma famille, mes amis, la team ASICS, je sais que certains sont derrière moi via l’application de tracking. Alors je serre les dents, je le veux mon moins de 4H, je le veux mon RP sur Marathon.
Dernier virage, nous entrons à nouveau dans Central Park.
Dernière ligne droite… 3h57…
L’allée avec tous les drapeaux, les caméras, et le dernier faux plat… Je sors mon téléphone dans l’idée de filmer, mais je n’y arrive pas. Il pleut, j’essaie de ne pas ralentir, je ne veux pas passer au-dessus des 4h.
Je garde mon téléphone en main, j’aperçois les gradins.
3h58. Dernière petite bosse, je peux le faire !!
Je finis par franchir la ligne d’arrivée en 3h59 et 10 secondes à ma montre.
=> 3h59’09’’ temps officiel.

I DID IT !!!

Je savoure, j’ai mal aux jambes, mais je savoure. Le sourire est là, les larmes aux yeux, le sentiment d’avoir réussi mon pari !

– 14h17 : je franchis enfin la ligne d’arrivée.
Je parviens à faire quelques photos pour immortaliser le moment. Je récupère ma médaille, et passe devant l’appareil photo pour ma photo de finisher. (Il doit y avoir une dizaine de photographes de chaque côté pour que ce soit fluide). On nous donne une couverture de survie, un sac de ravitaillement, puis s’en suit un long, très très long parcours pour récolter le poncho et sortir de Central Park ! Mes jambes ont du mal à me porter. Je lis rapidement les textos reçus pour me féliciter !!
Le flot de coureurs est important mais c’est fluide, on avance lentement mais nous ne sommes pas à l’arrêt, à aucun moment. Par contre j’ai vraiment mal aux jambes. Un homme du corps médical (il y en a beaucoup !!) s’arrête pour me demander si tout va bien. On échange quelques mots en anglais, il s’assure que je puisse encore marcher et me félicite également ! Je continue mon périple, car même si c’est très fluide, c’est interminable. La distance me paraît très longue à cet instant. La pluie s’intensifie, et je sors de Central Park à 14h44. Je n’ai toujours pas récupéré mon poncho, j’ai froid malgré la couverture de survie. Je suis le mouvement, nous redescendons la 6ème avenue toujours en longeant le parc. Et au bout de quelques minutes je récupère enfin le fameux poncho ! Il est classe, polaire à l’intérieur qui fait beaucoup de bien. J’arrive à me réchauffer mais ayant trop mal aux jambes je finis par m’asseoir sur un banc.
Je finis par sortir de cette grande allée où seuls les coureurs peuvent être, pour récupérer le métro.
Il est 16h, je suis de retour à l’hôtel, où mon chéri me rejoint peu de temps après.
L’heure de la douche pour se réchauffer, l’heure de lire les 244 messages what’s app que j’avais en attente, l’heure des remerciements, l’heure de savourer la victoire et de réaliser enfin ce que je viens de réussir !

Photo finish à l’arrivée. Une runneuse fatiguée, trempée mais heureuse!

• Bilan :
Il s’agissait là de mon 3ème Marathon. Après 2 courses parisiennes, j’avais décidé de « m’offrir New-York » pour mes 30 ans. Un rêve un peu fou, après une année de formation sans avoir vraiment accroché de dossard. New-York c’est un peu le graal pour les coureurs/marathoniens.
Depuis le début de ma préparation, j’espérais secrètement le terminer en moins de 4 heures. Mais en discutant avec des personnes qui l’avaient déjà fait (Saïd, Damien et Fabien, merci à vous!!), où en me renseignant sur internet, cette course n’était à priori pas propice aux RP (+3 minutes en moyenne pour les élites, 7 à 8 min pour les amateurs). Plus je me rapprochais de la course et plus je me disais :

« Termine-la ce sera déjà une belle victoire, si tu fais moins de 4h12 (mon RP en date), c’est du plus ! »

Puis en attendant dans le SAS, en voyant la pancarte « 3h55 » devant moi juste avant de franchir la ligne de départ, je me suis dit : « allez on y croit, c’est ton objectif !! »
Il ne m’a pas lâché durant toute la course. J’étais déterminée. À chaque kilomètre passé, je me rapprochais de cet objectif, même si clairement la seconde partie du marathon n’a pas été une partie de plaisir. Les ponts m’ont mis dans le rouge, des faux-plats montants incessants. Le mental a pris le dessus à partir du 30ème kilomètre, je n’ai rien lâché, malgré les difficultés et des jambes dures, je ne voulais rien lâcher !
Encore aujourd’hui, une semaine après, je suis aux anges !

J’ai réussi mon pari, et surtout explosé mon temps de plus de 13 minutes.

Je ne pouvais pas espérer mieux pour ce marathon hors du commun, qui vous porte du début à la fin.
C’est une expérience folle, un grand show à l’américaine.
C’est encore avec des étoiles dans les yeux que je viens de vous retracer ces quelques jours à New-York et ces 4h de course. Des images, des instants gravés en moi que je ne suis pas prête d’oublier.
Une très belle manière de clôturer l’année de mes 30 ans et d’entamer les 31 demain !

L’heure est maintenant à la récupération. Je me suis tout de même laissée tenter par un run « d’au-revoir » à Central Park le mercredi. Impossible de partir sans l’avoir fait !
Mais depuis les baskets sont au placard, et ce pour plusieurs jours encore.

De retour à Central Park le lendemain, médaille au cou!

Cette parenthèse américaine se termine officiellement aujourd’hui avec la reprise de mes cours co et coaching.
Je tenais une nouvelle fois à remercier tous ceux qui m’ont soutenu de près et de loin, merci à vous tous pour vos messages sur les réseaux sociaux, à tous ceux qui m’ont permis de vivre cette aventure (ma famille & mes amis), merci à France-Marathon pour l’organisation et bien évidemment mon mari qui m’a accompagné et soutenu une fois de plus dans mes défis sportifs.
Si vous souhaitez courir New-York un jour, foncez ! Je vous le recommande à 200%. Tant pour l’ambiance, que pour l’organisation ou le lieu.

Un moment magique dans la vie d’un coureur !

Si vous souhaitez un peu plus d’infos et de chiffres sur le nombre de finishers, les classements par sexe, âge ect… c’est par ici!

5 comments on “Mon compte rendu du Marathon de NY!”

  1. Encore bravo Eug’; 4 heures à partager ton challenge grâce au tracking, mais une épreuve aussi pour nous, bien conscients de tes accélérations ou de tes difficultés, à la vue de la petite flèche.
    Combien de fois l’avons nous interpellée pour la booster.
    Il nous a manqué l’ambiance, mais nous étions avec toi sur la ligne d’arrivée.

    Merci de ce partage; fiers de toi.

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