COURSE DE MILLAU : UNE PREMIÈRE, COURIR SUR UNE AUTOROUTE

Hier matin, j’ai pris le départ de la 4ème édition de la course Eiffage du Viaduc de Millau (vive les noms à rallonge, merci les sponsors!) Cela faisait un petit moment que je n’avais pas ressenti autant de plaisir sur une course! Cette course au kilométrage atypique – plus qu’un semi mais moins de 30km – m’a fait vibrer du début à la fin!

Pourquoi m’inscrire à cette course ?
En 2014, mon papa – un runner aguerri – a pris le départ de la 3ème édition et en a gardé un excellent souvenir, malgré la difficulté de certaines portions.
Il y a quasiment un an, bien motivé pour réitérer l’expérience, j’ai eu envie à mon tour de découvrir cette course et de l’accompagner. J’avais aussi très envie de changer d’air, de modifier un peu mon train-train des courses parisiennes et d’aller voir ailleurs!
En juin 2015, je me suis inscrite à la course Eiffage du Viaduc de Millau, en compagnie de mon papa, de mon beau-frère et de ma partenaire de course préférée, Marie!

Dossard en poche!
Dossard en poche!

Avril 2016 : début d’une préparation pas si préparante!
Les mois ont passé et mon planning s’est quelque peu rempli : ma pré-formation (dont je vous parlais récemment sur le blog) a pris plus de place que je ne le pensais, et c’est tout naturellement que la course à pied a été reléguée au second plan. Mais au début du mois d’avril, j’ai commencé à me dire qu’il ne fallait pas complètement négliger ce projet et s’entraîner malgré tout.
Chose que je n’ai jamais faite pour une course inconnue et une aussi longue distance : je me suis entraînée au plaisir ! Pas de planning (alors que j’en prévois toujours un pour mes semi, pour Paris-Versailles ou pour les marathons), pas de fractionné. Uniquement des footings avec un peu d’intensité et quelques sorties longues dont une de 20km à St Cloud, histoire d’ajouter un peu de difficulté.
Pas très sereine sur ce coup là, j’ai fait comme j’ai pu avec le temps que j’avais à consacrer au running… Vous l’aurez compris, j’avoue ne pas avoir fait les choses comme il faut, mais heureusement pour moi, la musculation a fait le reste du boulot!

Direction Millau!
Samedi matin, départ en voiture de Paris. C’est parti pour 6h de route en bonne compagnie. Nous arrivons vers 16h sous un beau et chaud soleil, direction le Village Exposants pour retirer nos dossards! Beaucoup de monde, beaucoup de gens du coin avec leur accent chantant que j’aime tant et qui me font souvent regretter le sud. Ma maman retrouve même des coureurs de chez nous, connus lorsque je faisais du triathlon! Une fois nos dossards en mains, nous nous dirigeons vers notre gîte situé à 30km de Millau. Repos, préparation des affaires, dîner de sportifs et à 22h30 tous au lit.
Départ à 7h15 le lendemain pour être sur place vers 8h.

Jour-j : à nous le viaduc !
La météo n’est pas du tout similaire à celle de la veille, mais heureusement, la pluie ne semble pas être pour tout de suite. Seul le vent risque de nous gêner sur le parcours. Pour ma part je ne me plains pas, je préfère mille fois courir sous la pluie qu’en plein cagnard. Après quelques embouteillages en entrant dans Millau, nous voilà garés et partis rejoindre la ligne de départ. L’inconvénient de cette course, c’est la taille de la ville par rapport aux nombres de coureurs attendus. Et encore les inscriptions étaient limitées à 15000, ce qui selon moi est une très bonne chose. Il a donc fallu se garer en hauteur, à une vingtaine de minutes à pied du cœur de la ville pour être certains de trouver une place et pour pouvoir repartir ensuite sans trop de difficultés. L’avantage dans ce sens, pour rejoindre le centre ville, c’est de la descente!!

Premiers km de course, avec le viaduc en ligne de mire!
Premiers km de course, avec le viaduc en ligne de mire!

8h35 : Marie, mon papa et moi-même sommes dans notre SAS de départ, le bleu, soit la 2nde vague à partir. 35 minutes avant le départ : le temps qu’il faut pour papoter, faire des selfies comme les ¾ des runners désormais, connecter nos montres et nous concentrer (un minimum) avant le top départ!

9h00 : départ lancé pour le SAS élites et invités. (J’aurai d’ailleurs un commentaire à faire à ce sujet un peu plus loin !) Puis dans la foulée, la vague verte se lance, là où se trouve d’ailleurs mon beau-frère.

9h10 : c’est à notre tour. Nous souhaitons « bonne course » à mon papa, puis Marie et moi nous nous élançons. Le 1er km est un peu compliqué. Des ruelles étroites pour de nombreux runners. Nous slalomons pas mal et ce n’est qu’au 3ème km que notre rythme peut s’accélérer. Les 5 premiers km sont plats, nous longeons le Tarn et avons en ligne de mire, le superbe viaduc !

9H40 (environ) : début de la côte qui nous mène au viaduc. Dès les premiers mètres, quelques coureurs se mettent à marcher. Notre allure ralentit – ce qui au regard de la pente est bien normal – mais nous ne marchons pas. Nous doublons au fur et à mesure de nombreux coureurs. N’ayant jamais fait la course auparavant, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Ça grimpe certes, mais finalement, après 3 km d’ascension, je trouve que cela s’est bien passé, grâce notamment à quelques petites relances.

Vue sur le viaduc pendant la côte.
Vue sur le viaduc pendant la côte.

10h10 : après un premier ravitaillement nous arrivons enfin sur le viaduc! La magie commence à opérer. Devant nous, s’élèvent les 7 pylônes accompagnés de leurs 11 paires de haubans (câbles) chacun, qui soutiennent le tablier : la colonne vertébrale du viaduc. Dès les premiers mètres, certains s’arrêtent pour faire des photos souvenirs. Marie et moi avons décidé de les faire au retour, lorsque la pente sera descendante.

A nous le viaduc! 5 km aller-retour!
A nous le viaduc! 5 km aller-retour!

Car oui, pour rappel, après les 3 km de côte suivis d’un autre petit « coup de cul » pour atteindre le viaduc, sachez que les 2,5km aller sur le viaduc sont en montée : pente de 3,025% avec vent latéral. Et ces 2,5km sont longs. Nos foulées sont plus petites, mes jambes commencent à être lourdes et nous nous prenons même de grosses bourrasques de vent à chaque fois que nous dépassons un pylône.
Certes nous sommes sur le viaduc, mais ce n’est pas à ce moment là, une partie de plaisir. Par contre, ce que j’ai bien aimé (et qui m’a aidée à passer le temps) c’est de voir de l’autre côté les coureurs en sens inverse. C’est ainsi que j’ai pu reconnaitre le blogueur de « Jolie Foulée » avec, sans jeu de mot, « une jolie foulée », mon beau-frère que j’ai pu encourager, et de nombreux runneurs lancés à bonne allure.

10h25 : nous venons de faire demi tour sur le viaduc. Place aux selfies souvenirs! S’arrêter sur une course pour faire des photos, cela ne m’était jamais arrivé. Mais ce n’est pas tous les jours que nous avons l’occasion de traverser un viaduc, qui s’avère être une autoroute. Il fallait bien immortaliser le moment. Après une pause photo d’une minute montre en main, nous repartons! Le retour est beaucoup plus agréable : malgré les parts-vents, nous avons une vue magnifique sur la ville de Millau, la pente est cette fois-ci descendante, ce qui nous permet d’accélérer et de souffler aussi. J’en profite pour scruter l’autre côté, afin je l’espère, de croiser et d’encourager mon papa! Mes yeux de lynx ont réussi : cible paternelle repérée, encouragée et photographiée! Me voilà ravie.
Après 1h30 de course nous quittons le viaduc. Le plus dur est derrière nous, à priori.

Souvenir sur le viaduc!
Souvenir sur le viaduc!

10h43 : 2nd ravitaillement passé, bouteilles d’eau récupérées, nous continuons notre course. Une nouvelle montée, beaucoup plus courte cette fois-ci nous permet d’observer en contre bas la ville de Millau, à nouveau. Et là j’imagine que nous n’allons faire que descendre jusqu’à l’arrivée. Nos baskets foulent des chemins poussiéreux avant de se retrouver à nouveau surle bitume. Nous approchons de la ville et nombreux sont les supporters arrivés jusqu’ici pour nous encourager. Ça descend, ça n’arrête pas de descendre. Nous courons depuis plus d’1h50 et nous sommes à 3 km de l’arrivée.
Pour ma part, mes jambes commencent vraiment à faire la tronche. Tout comme mes pieds. J’en profite malgré ça pour grappiller des secondes. Le chrono vient de passer les 2h et même si je n’ai aucun temps en vue, j’estime que les 2h10 sont jouables.

Nous continuons de descendre et de nous rapprocher du centre ville sous les encouragements des supporters. Malgré moi, je perds Marie dans la descente à 2km de l’arrivée. Je passe le 22ème km et là je commence à ralentir, mes cuisses et mes pieds me lancent. J’avoue en avoir un peu marre de descendre. A 700m de l’arrivée, un petit faux plat montant me « tue », je croise ma famille sur le côté, présente pour m’encourager et contrairement à mes habitudes de fin de courses, je n’ai plus de jus pour accélérer. Je termine doucement les derniers mètres.

Vers 11h20 : je franchis la ligne d’arrivée en 2h10’ pile à ma montre. Marie arrive à son tour, une trentaine de secondes derrière.
Ouf, la course est terminée! Mes baskets et mes jambes me remercient! Nous avançons, récupérons nos médailles, sac à dos rempli de nourriture sans aucun souci, bouchons, ou attente.
Nous sommes finishers de notre premier viaduc de Millau : nous sommes joie et fierté!
Après avoir retrouvé ma famille, mon papa franchit à son tour la ligne d’arrivée, mais la pluie annoncée est elle aussi arrivée! Il nous faut tout remonter ce que nous avions descendu avant la course…

Finishers de la course du Viaduc de Millau!
Finishers de la course du Viaduc de Millau!

Bilan de cette course ?
Plus que positif (et je ne parle pas du dénivelé!).

Une course agréable, techniquement intéressante, très belle d’un point de vue géographique, unique avec cette traversée du viaduc/d’une autoroute.

Tout le monde était de bonne humeur, les organisateurs, les runners comme les accompagnateurs. La solidarité a encore une fois été mise en avant. La sympathie également. A noter aussi, les goodies nombreux à la fin de la course. En plus du tee-shirt et du bandeau Buff remis lors du retrait du dossard, nous avons eu droit en tant que finisher, à une très jolie médaille, ainsi qu’à un beau sac aux couleurs du tee-shirt plein de petits encas divers : fruit, Balisto, lentilles, tuc et petit gâteaux. Quand on connaît le prix de la course et qu’on le compare à certaines courses parisiennes… Rien à dire!

Et malgré certaines difficultés, j’y ai pris beaucoup de plaisir (au moins jusqu’au 20ème km!). C’est tellement agréable de fouler un parcours pour la 1ère fois, d’être dans l’inconnu, de ne pas savoir ce qu’il y a après ce virage ou celui d’après. Cela peut parfois s’avérer difficile, mais hier, je ne l’ai pas du tout ressenti comme tel. J’étais tellement émerveillée par ce géant d’acier et béton mêlés, que la course ne m’a pas paru si compliquée. Pas facile oui, mais difficile, non. C’est une réelle chance de découvrir de tels paysages tout en assouvissant sa passion.

Alors si c’est à refaire, je me réinscris d’office!

J’ai tout de même 2 critiques :
– la première : le SAS élites. Qui dit élites, dit personnes à fort potentiel, ayant une capacité à courir plus vite que la plupart d’entre nous. Mais en fait, au milieu de ces élites, se trouvaient des personnes invitées par Eiffage (principal sponsor de la course) des membres du groupe, blogueurs ou autres. Qu’ils soient invités, en soit cela ne me pose pas de problème. Mais quand certains courent lentement, et se retrouvent en pôle position, je ne trouve pas cela très juste, ni très pratique, quand on connaît la largeur des routes tout au long de la course. Certains parmi les inscrits qui eux, ont payé leur dossard, depuis un an, se retrouvent à slalomer dès le début pour éviter les coureurs qui, si l’on voit leur niveau auraient dû se retrouver plus loin dans les SAS. Vous allez me dire que nombreux sont ceux qui surestiment leur temps pour se retrouver dans les premiers SAS de départ. Certes, mais de là à se retrouver, parce qu’invités au milieu des élites, j’ai trouvé ça un peu malvenu.

– la seconde : la difficulté d’accès au centre ville en voiture. Mais là c’est plus une remarque qu’une critique car je ne pense pas qu’il y ait vraiment de solution. C’est juste qu’après une course comme celle-ci, nous aimerions tous accéder à notre voiture rapidement, et ne pas terminer par 20min de marche (cette année sous la pluie) et en montée… Je peux aussi me dire que cela fait partie de la course! Une navette serait bienvenue!

Ces 2 petits détails mentionnés, et mis de côté, la course Eiffage du viaduc de Millau reste pour moi un super souvenir. Une course atypique à tout point de vue, que j’ai eu la chance de courir à 2, avec Marie, plus mon papa et mon beau-frère.
Merci à tous les supporters présents sur place d’avoir fait le déplacement avec nous et de nous avoir accompagnés tout au long du WE.
Enfin merci à vous tous, derrière vos écrans, de m’avoir encouragée, soutenu et félicitée après la course!

Pour conclure en 2 mots : A REFAIRE!

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4 comments on “COURSE DE MILLAU : UNE PREMIÈRE, COURIR SUR UNE AUTOROUTE”

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